Avec la multiplication des véhicules électriques sur les routes françaises et notamment sur l'axe reliant Bordeaux à Paris, la question de la recharge devient centrale pour les particuliers comme pour les entreprises. Installer une borne de recharge pour véhicule électrique ne s'improvise pas : cela nécessite de choisir le bon emplacement, de respecter des démarches administratives précises et de connaître les aides financières disponibles pour alléger la facture.
L'info en bref
- L'installation d'une borne de recharge nécessite une planification rigoureuse incluant le choix de l'emplacement, le respect des normes techniques et la réalisation de démarches administratives.
- Le coût et le temps de charge varient significativement selon la puissance choisie, imposant le recours obligatoire à un électricien certifié IRVE pour toute installation supérieure à 3,7 kW.
- Les contraintes d'installation diffèrent entre les maisons individuelles et les copropriétés, où le 'droit à la prise' encadre les demandes d'équipement des résidents.
- La recharge à domicile reste la solution prédominante, représentant 86 % des usages pour les propriétaires de véhicules électriques.
- Les entreprises peuvent bénéficier d'audits spécialisés pour optimiser l'installation de bornes adaptées à leurs flottes de véhicules.
- Plusieurs dispositifs financiers, tels que le programme ADVENIR, un crédit d'impôt et une TVA réduite, permettent d'alléger le coût total de l'installation pour les particuliers et les entreprises.
Choisir l'emplacement idéal pour votre borne de recharge
La borne de recharge pour véhicule électrique doit avant tout être placée à un endroit stratégique, qui tient compte à la fois de la praticité quotidienne et des contraintes techniques du logement. Bordeaux, ville engagée dans la transition écologique, illustre bien cette dynamique puisque la Nouvelle-Aquitaine se positionne aujourd'hui comme la troisième région française en nombre de points de recharge, juste derrière l'Île-de-France et l'Auvergne-Rhône-Alpes. Cette progression s'explique notamment par le rachat de 220 bornes de l'ancien réseau Bluecub, arrêté en 2020, par l'opérateur Autopuz, avec 65 bornes réintégrées dès mars 2021 dans le paysage urbain.

Les critères techniques pour déterminer le meilleur emplacement
Le choix de l'emplacement repose sur plusieurs facteurs techniques essentiels. La distance entre la future borne et le tableau électrique influence directement le coût total des travaux, tout comme la nécessité éventuelle de travaux de génie civil pour le raccordement. Il faut également prendre en compte la puissance souhaitée : une simple prise renforcée Green'up permet une charge lente de 3,7 kW pour un coût d'environ 500 euros, tandis qu'une véritable borne de recharge, oscillant entre 7,4 kW et 22 kW, coûte généralement entre 1 000 et 2 000 euros. Pour une batterie de 50 kWh, la différence de temps de charge est considérable puisqu'il faut compter environ 1h30 pour passer de 20% à 80% avec une puissance de 22 kW, contre près de 15 heures avec une simple prise renforcée. Au-delà de 3,7 kW, la loi française impose d'ailleurs le recours à un électricien certifié IRVE.
Les spécificités d'installation dans les zones rurales et urbaines
Entre Bordeaux et Paris, les réalités d'installation diffèrent selon que l'on se trouve en milieu urbain dense ou en zone rurale. Dans les grandes agglomérations, le réseau public s'étoffe rapidement : Bordeaux compte désormais 318 places équipées dans des parkings publics gérés par Metpark, complétées par 17 stations de charge rapide totalisant 64 points, une station de charge accélérée et pas moins de 67 stations de charge lente représentant 174 points supplémentaires. En zone rurale en revanche, l'installation à domicile devient souvent la solution la plus pertinente, d'autant que 86% des recharges de véhicules électriques s'effectuent déjà à domicile. Les entreprises disposant de flottes de véhicules, quant à elles, peuvent bénéficier d'un audit gratuit de leur parc automobile avant de se lancer dans un projet d'installation, une démarche que proposent des sociétés spécialisées joignables notamment au 01 76 35 06 14.
Les démarches administratives et réglementaires pour l'installation

Une fois l'emplacement défini, il convient de respecter un cadre réglementaire précis, qui varie sensiblement selon que l'on habite une maison individuelle ou un appartement en copropriété. Ces démarches, bien que parfois perçues comme contraignantes, garantissent la sécurité électrique de l'installation et ouvrent droit à de nombreuses aides financières.
Les autorisations nécessaires selon votre type de logement
Pour les propriétaires de maisons individuelles, l'installation reste relativement simple : il suffit de faire appel à un installateur certifié IRVE, seul habilité à intervenir sur des puissances supérieures à 3,7 kW. En copropriété en revanche, le fameux droit à la prise permet à tout résident de demander l'installation d'une borne, mais cette décision doit être validée par l'ensemble des copropriétaires lors d'une assemblée générale. La réglementation impose également des obligations de pré-équipement pour les nouvelles constructions : 50% des places doivent être équipées pour les parkings comptant jusqu'à 40 emplacements, ce taux grimpant à 75% au-delà, et atteignant même 100% pour les copropriétés construites après mars 2021. Pour les entreprises, le parcours est différent puisqu'il s'agit souvent d'un projet clé en main incluant audit du site, devis, fourniture, installation et maintenance des bornes, avec des solutions de paiement variées allant du badge RFID à l'application mobile en passant par le QR code ou le Plug and Charge.

Les aides financières disponibles pour les particuliers
Le programme ADVENIR, prolongé jusqu'en 2027, vise à financer 250 000 nouveaux points de recharge sur le territoire national, même si les primes destinées aux points ouverts au public ont été retirées depuis le 1er août 2023. Les particuliers peuvent néanmoins bénéficier d'une aide couvrant 50% des coûts, plafonnée à 960 euros hors taxes pour un usage individuel, tandis que les entreprises gérant des flottes de poids lourds peuvent obtenir des montants allant de 2 200 à 960 000 euros hors taxes. À cela s'ajoute un crédit d'impôt prolongé jusqu'au 31 décembre 2025, s'élevant à 500 euros pour une borne connectée et 300 euros pour un modèle non connecté. La TVA réduite à 5,5% vient encore alléger la facture, tout comme la possibilité de cumuler ces dispositifs avec une prime de 1 000 euros lors du remplacement d'une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur. L'État a d'ailleurs mobilisé 320 millions d'euros de subventions d'ici 2025 pour financer 120 000 nouveaux points de charge, une ambition qui s'inscrit dans un contexte où la France se classe déjà deuxième pays européen pour l'achat de véhicules 100% électriques. Ces efforts collectifs, portés par les particuliers, les entreprises et les collectivités, préparent activement l'échéance de 2035, date à laquelle les ventes de véhicules thermiques neufs cesseront définitivement en Europe, avec un objectif intermédiaire fixé à 50% de parc automobile électrifié dès 2030.
